Fribourg Olympic Basket fête 60 ans d’existence

« Je suis resté passionné du club, je ne l’ai jamais abandonné »

Le 27 avril 1961, Fribourg Basket et Olympic Basket unissent leur force et fondent Fribourg Olympic Basket. Et depuis, les chiffres parlent d’eux-mêmes…

– 60 championnats de LNA
– 18 fois champion suisse
– 9 coupes suisses (9 fois finaliste)
– 6 coupes de la ligue (7 fois finaliste)
– Plus de 20 participations en Coupe d’Europe

Qui de mieux pour parler de cette grande connexion entre Fribourg et le ballon orange que M. Bernard Galley, membre fondateur de Fribourg Basket en 1941, devenu entraîneur de l’équipe féminine, puis arbitre à tous les niveaux et finalement commissaire ? Afin d’évoquer l’anniversaire du FOB, nous sommes allés à sa rencontre, dans son appartement de Pérolles qu’il décrit comme « Un peu grand pour moi tout seul, mais à quoi bon changer ? ». D’ailleurs, quand on lui dit qu’on vient le trouver pour les 60 ans du club, il répond aussitôt :

« Bon, vous savez, je vais tout de suite vous dire une chose, c’est qu’il a plus que 60 ans le club. »

En effet, le basket est plus ancien à Fribourg…

« Quand j’avais 18 ans, j’étais membre du Club Athlétique de Fribourg (CAF). On s’entraînait à St-Léonard. Naturellement, en hiver, les entraînements avaient lieu à la salle de gymnastique de la Basse-Ville, au-dessus du terrain de football de Central. Dans cette salle, il y avait des paniers de basket. Bien sûr que l’entraînement en salle, c’était un peu barbant… alors, on a pris un ballon pour jouer au basket, comme on savait. Ça, c’était en 37-38. Ensuite, la guerre est arrivée et les salles ont été réquisitionnées pour en faire des dortoirs. Il y a eu des militaires de Genève qui sont venus et, en voyant les paniers de basket, l’un deux nous a dit : « oh, vous faites du basket ? » et on a répondu : « Oh, on fait du basket comme ça ». Et finalement, ce soldat nous a appris le basket. A partir de ce moment, avec 3 ou 4 amis du Club Athlétique, nous avons décidé de fonder un club de basket. On a débuté dans les ligues inférieures. Comme nous n’avions pas d’équipement, on épinglait les numéros sur les maillots avec 4 imperdables. On jouait sous le nom de Club Athlétique Fribourg section basketball. Mais cela ne plaisait pas tellement au CAF qui, au bout d’une année, nous a demandé de trouver un nom. Nous avons choisi le nom de Fribourg Basket. »

Le basket à Fribourg, c’était comment ?

« Il faut relever que, si nous avions une salle pour jouer, il n’y avait pas de places prévues pour les spectateurs. Une salle a finalement été construite permettant à une rangée de spectateurs d’assister aux rencontres. A partir de là, les gens ont commencé à s’intéresser. Bien sûr que c’était moyennement intéressant pour les gens qui ne connaissaient pas ou peu le basket, sport peu connu à Fribourg à l’époque. Ensuite, d’autres salles avec gradins se sont ouvertes …

… On pouvait aller jouer dans la salle de gymnastique du collège St-Michel qui avait des paniers de basket ; cela a incité plusieurs collégiens à rejoindre notre club. Mais comme il y avait trop de monde, ils ont décidé entre eux de faire un club qui s’est appelé Olympic. Et puis bon, quelques années plus tard, il a fallu constater que les 2 clubs étaient en concurrence et que cela n’allait pas non plus… La fusion s’est imposée mais il y a eu des réticences, il faut le relever. Il était difficile pour les joueurs d’accepter de jouer avec leurs concurrents. Mais, les dirigeants, nous avons tenu bon et c’est ainsi qu’est né Fribourg Olympic Basketball, ça c’est le nom officiel »

Qu’est-ce qui a le plus changé ?

« Le basket est devenu plus attractif parce que justement il y a eu un peu plus de contact. Il est vrai que les règles sont toujours un peu compliquées pour les spectateurs, comme celle des 24 secondes… ça dépasse un peu les gens. Et puis les règles ont évolué : par exemple, au début, on n’avait pas de retour en zone… Et puis les joueurs sont devenus de plus en plus grand aussi…

… Le développement du basket en Suisse a également amené de plus en plus d’étrangers. Il faut dire que financièrement, c’était intéressant pour eux. Cela a donné un élan nouveau avec des joueurs de talent…

… Après, moi, je rouspète un peu parce que je trouve que les entraineurs mettent trop l’accent sur la défense… mais ça, c’est mon point de vue. Les entraineurs ne veulent pas perdre, alors finalement ne pas perdre, ça veut dire recevoir le moins de point possible, mais il faut en marquer aussi plus que les autres. Parfois, il y a des matchs où pendant un moment, il y a pas de panier, c’est un peu « haché »… Mais bon, ils gagnent, c’est déjà ça… Puis, un spectateur, moi le premier, ça rouspète toujours ! »

Qu’est-ce que vous aimeriez voir plus souvent ?

« Certainement un nombre plus grand de spectateurs parce que, suivant où, il en manque un peu. Cela est peut-être dû au fait que c’est un peu trop compliqué… Pour les spectateurs »

Qu’est-ce que c’est « Fribourg Olympic Basket » ?

« Je dirais que c’est le club le plus représentatif pour la ville et le canton avec tous ses titres ; mais c’est un sport qui, naturellement, n’a pas le même attrait du public comme le football et le hockey. Mais, sur plus de 60 ans de basket à Fribourg, on a quand même récolté 18 titres de champion suisse. On a eu cette chance d’avoir de très bons joueurs, de bons entraineurs étrangers. »

Qu’est-ce qu’on peut souhaiter au club tel qu’il est maintenant ?

« … De trouver suffisamment de sponsors pour que le club ne disparaisse pas… On a de bons sponsors, fidèles, et il faut les remercier parce que c’est vraiment le soutien nécessaire. Trouver des sponsors pour un club de basket, ce n’est jamais facile…

… Ce que j’aimerais aussi, c’est que les anciens, que ce soit les dirigeants ou les joueurs, aident un peu plus le club ; je regrette que des gens, alors très actifs au sein du club, ne soient plus revenus au basket après leur départ. Et ça, ça me dépasse un peu. Mais disons que le niveau des spectateurs mériterait un peu plus d’attention… »

C’est sur ces mots que se termine cet entretien avec ce monsieur qui, malgré ses 98 ans, reste extraordinairement actif, si bien qu’il attend impatiemment de pouvoir suivre à nouveau les matchs à St-Léonard. Fribourg Olympic Basket tient à remercier chaleureusement M. Bernard Galley pour son temps et son dévouement au club depuis ses 18 ans.

Nous avions prévu de belles festivités à l’occasion de cet anniversaire, mais la situation ne le permet malheureusement pas, comme vous le savez. En revanche, cela donne, aussi, l’opportunité de s’intéresser tout particulièrement au passé et constater le long chemin parcouru par un club tel que le Fribourg Olympic Basket.

Le futur réserve encore de belles surprises et ce même très vite puisqu’Olympic pourrait déjà ajouter un titre de plus à son histoire, le 8 mai prochain.